Les émotions et la spiritualité
Mon ami est atteint d’une maladie limitant l’espérance de vie et il est très déprimé. Il ne peut plus faire les activités qu’il aime et dit qu’il n’a plus le goût de vivre. J’ai peur qu’il se fasse du mal. Comment puis-je l’aider?

Une maladie limitant l’espérance de vie est l’une des expériences de vie les plus stressantes qui soient. Le malade a parfois l’impression que personne ne peut vraiment comprendre ce qu’il vit, pas même les amis ou la famille qui essaient de l’aider. Les parents et amis sont parfois frustrés que leurs efforts pour prendre soin de leur proche ne sont pas valorisés. À vrai dire, vous n’avez aucun contrôle sur la façon dont votre ami envisage son départ, mais vous pouvez décider quel type d’amitié vous voulez conserver avec lui.

Les personnes atteintes d’une maladie grave font généralement des réflexions profondes et vivent des émotions intenses qui fluctuent d’un jour à l’autre, même d’une minute à l’autre; elles qualifient souvent ce qu’elles ressentent de « montagne russe » émotionnelle. Une maladie limitant l’espérance de vie entraîne de nombreuses pertes : perte d’indépendance, perte de la capacité de vaquer à des activités familières ou de jouer des rôles habituels, etc. Votre ami vit peut-être un deuil de ces pertes, et son deuil s’accompagne possiblement d’une profonde tristesse, d’une impression que la vie n’a plus de sens et d’un désir d’en finir. Il semble que votre ami ne sache pas comment vivre cette situation nouvelle alors que tout a changé et que la mort se pointe.

Vous vous sentez impuissant et angoissé de voir souffrir une personne que vous aimez, et vous aimeriez trouver une façon d’apaiser sa souffrance. Vous aimeriez que votre ami profite le plus possible de ce qu’il lui reste à vivre et qu’il soit en paix. Nous vous encourageons à lire ces articles et quelques autres sur la santé affective et la santé spirituelle. Ils vous aideront à mieux comprendre les luttes intérieures de votre ami et vous proposeront des façons d’y réagir :
Comment on se sent quand la fin approche
Trouver un sens à la vie devant la maladie

Vous et ses autres amis proches pouvez rappeler à votre ami qu’il peut se confier à vous en toute sécurité, qu’il peut vous parler des batailles qu’il livre et des réflexions et sentiments qu’elles font naître. S’il ne semble pas intéressé de vous voir, ne soyez pas vexé. Dites-vous plutôt que c’est normal compte tenu des moments difficiles qu’il traverse. Rappelez-lui qu’il compte pour vous, et que ce qu’il vit pendant cette période de sa vie vous intéresse. Ouvrez la conversation en parlant des changements dans sa vie et de l’effet de ces changements sur votre relation.

Soyez intègre et honnête dans vos échanges. Dites-lui comment vous vous sentez quand il vous parle de mettre fin à ses jours et comment vous et les autres personnes qui l’aiment réagiriez à son suicide. Dites-lui quelle place importante il a tenue et tient toujours dans votre vie. Il n’existe pas de scénario tout prêt pour de telles conversations. Il est habituellement préférable de dire simplement ce qui vous touche et vous traverse l’esprit, et de faire les choses à votre façon.

Demandez-lui ce que vous pourriez faire d’intéressant ensemble durant sa maladie et faites-lui part de vos idées. Demandez-lui ce qu’il attend de vous comme ami. Aimerait-il, par exemple, que vous l’appeliez tous les jours à la même heure pour prendre de ses nouvelles? Que vous passiez du temps avec lui à une fréquence régulière? Que vous fassiez des courses ou des tâches domestiques pour l’aider? Que vous lui prodiguiez certains soins personnels? Soyez à l’écoute de ses suggestions. Donnez-lui une idée du rôle d’accompagnement et de soutien que vous pourrez jouer à mesure qu’il s’affaiblira. Il est important d’être réaliste quant à votre capacité et à votre engagement. Soyez honnête avec lui et avec vous-même.

Plus la maladie progressera et les problèmes de santé s’aggraveront, plus votre ami s’inquiétera de l’avenir. Il se demandera peut-être comment il réagira à la douleur, à la perte d’énergie, à sa dépendance accrue, ou s’il peut continuer à se faire soigner à la maison et à quel endroit il va mourir. Interrogez-le sur ses craintes et encouragez-le à en parler avec les membres de son équipe soignante. Il pourrait se sentir mieux s’il est bien renseigné sur le soulagement des symptômes ou l’aide et les options de soins auxquels il a droit. Proposez-lui de communiquer vous-même avec le programme local de soins palliatifs pour voir si votre ami pourrait bénéficier d’autres ressources communautaires. Vous pourriez en profiter pour vous renseigner sur le soutien qui s’offre à vous aussi. Pour plus d’information sur les services offerts dans votre région et consulter un répertoire pancanadien, suivez :
Programmes et services

Si votre ami continue d’avoir des pensées suicidaires ou parle de façons de mettre fin à sa vie, encouragez-le à consulter un professionnel. Il est important qu’il ait les numéros de téléphone à composer s’il a besoin d’aide : programme local de soins palliatifs; programme de santé mentale; service d’aide téléphonique local ou provincial; équipe soignante. Les ressources suivantes vous aideront à repérer les services d’intervention en cas de crise les plus près de chez vous :
Liste des Canadian Crisis Response Services
Association canadienne pour la prévention du suicide