Vos histoires

L’année où j’ai fui Noël: Témoignage d’une mère sur le deuil en période de réjouissances
 



par Judy Wark

Il y a quelques années, j’ai fui la maison avec mes enfants. À l’approche du premier Noël suivant le décès de mon mari des suites du cancer, une tristesse insupportable envahissait chacun de mes enfants.

Quand on a perdu un être cher, les fêtes de fin d’année nous rappellent toujours l’absence flagrante du disparu. « Les fêtes alourdissent la charge des parents qui peinent à aider leurs enfants tout en essayant de surmonter leur propre deuil », explique Nadine Gariepy-Fisk, directrice des programmes et services à Hospice Calgary.

L’un de mes fils exprimait son deuil par la colère. Il voulait qu’on lui ramène son père, et en attendant que quelqu’un trouve une solution à sa douleur, il se terrait dans sa chambre et refusait d’aller à l’école. Ma fille dessinait sa tristesse avec des marqueurs sur le miroir de sa chambre. Mon ado se donnait à fond dans ses activités scolaires et se tenait occupé pour oublier sa douleur. Nous étions tous assez misérables.

Finalement, dix jours avant Noël, j’ai appelé mon agence de voyages. « Trouvez-moi une plage, un buffet et un vol direct. » Nous avons survécu à ce premier Noël sur la plage d’un tout-inclus à Cuba. Cette thérapie balnéaire s’est-elle avérée utile? Pas vraiment. La vraie guérison a commencé quand j’ai découvert le Hospice Calgary Sage Centre.

Mon fils cadet a commencé à voir l’une des conseillères auprès des jeunes et des familles. Elle l’a aidé à trouver des façons d’exprimer ses sentiments par rapport au cancer de son père et à la mort. Après plusieurs séances, je me rappelle qu’elle lui a demandé « Où est ton papa maintenant? » Il a dessiné un jardin rempli de fleurs. Mon mari y était assis sur un banc, coiffé de son chapeau préféré. Il souriait. Cette sage conseillère avait aidé mon fils à trouver des lieux sûrs pour ranger ces souvenirs douloureux et à réunir ce qu’il lui fallait pour reprendre le cours de sa vie.

Ma fille a participé à groupe de soutien pour enfants endeuillés. Pour elle, c’était de la thérapie par l’art, mais pour moi, c’était un cadeau du ciel. Une fois, les enfants ont fabriqué des décorations souvenir à mettre dans leur sapin de Noël. Pendant les séances des enfants, il y avait une séance pour les parents endeuillés. J’y ai trouvé le soutien d’autres jeunes veuves et veufs qui tâchaient eux aussi d’accompagner leurs enfants dans un deuil bouleversant.

Au fil des ans, j’ai découvert que Hospice Calgary était toujours là pour nous quand les enfants avaient besoin d’un petit coup de pouce pour surmonter leur deuil. Pour Sarah Walker, directrice générale d’Hospice Calgary, ce soutien permanent est la pièce maîtresse du service offert par son établissement. « Nous sommes là pour aider les gens et les familles tant et aussi longtemps qu’ils ont besoin de nous », explique-t-elle.

Je n’ai plus besoin de fuir les fêtes de fin d’année. Ma fille est aujourd’hui une jeune femme, et l’autre jour, elle m’a dit que Noël était son plus beau moment de l’année. J’ai souri et j’ai répondu « Moi aussi. »