La maladie rénale
Mon père est aux prises avec plusieurs maladies chroniques et on l’a hospitalisé récemment pour pouvoir traiter ses symptômes. C’est comme un tourbillon… son état de santé semble changer d’un jour à l’autre. À quoi devons-nous nous attendre?

C’est parfois très difficile de prévoir le cours de conditions chroniques comme la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) ou l’insuffisance cardiaque congestive (ICC).

Les maladies chroniques font sans cesse appel aux réserves d’énergie du corps et, lentement, celles-ci finissent par s’épuiser. Aux stades plus avancés d’une maladie, les réserves d’énergie sont presque à sec. Par conséquent, même de petits malaises comme un rhume ou une infection deviennent des adversaires redoutables pour le corps : la santé globale et la capacité de fonctionnement de la personne flanchent. Voilà pourquoi l’état du malade semble changer soudainement.

Règle générale, à mesure que la maladie progresse, ces poussées de complications tendent à se multiplier. On peut intervenir de diverses façons (antibiotiques pour les infections ou traitement ponctuel d’autres problèmes aggravants) pour atténuer les symptômes et améliorer l’état de la personne dans son ensemble. N’empêche, il se peut que la personne soit trop faible pour surmonter la maladie, ce qui provoque divers changements annonçant, eux, la fin de la vie.

Vu l’imprévisibilité des maladies chroniques, il est difficile parfois d’en reconnaître les phases finales. C’est en partie parce que chaque nouvelle poussée de complications diffère peu des autres… poussées dont la personne a pu se remettre par le passé. Le seul indice possible d’un épisode plus grave? Une récupération plus lente malgré une intervention plus intensive, ou des analyses qui révèlent l’affaiblissement d’autres organes.

L’incertitude à ce niveau est préoccupante pour la personne malade et pour sa famille, et les décisions visant d’autres analyses et traitements peuvent être pénibles. Cela dit, pour en venir à une stratégie de soins, les familles et les spécialistes de la santé tiennent compte de divers facteurs :

  • Le cheminement de la maladie jusqu’à présent
    En prenant le temps de revoir globalement le cours des évènements depuis quelques mois, on peut évaluer la situation dans son ensemble et peut-être déterminer le genre de traitement souhaité à l’avenir. Par exemple, la personne malade peut décider qu’elle ne veut plus retourner à l’hôpital si un autre épisode se déclenche. L’équipe peut donc prévoir d’autres interventions à domicile (par exemple, des médicaments) pour contrer tout symptôme, le cas échéant.
     
  • Qu’est-ce qui cause la situation actuelle ou y contribue? Quels avantages et problèmes y aurait-il à poursuivre d’autres pistes ou à prévoir d’autres traitements?
    À défaut de savoir si d’autres traitements porteraient fruit, on peut songer à en donner pour une période limitée (par exemple, des antibiotiques pendant x-nombre de jours contre une infection). Si on en fait l’essai, les familles et les professionnels de la santé discutent habituellement de leurs espoirs à l’égard du traitement, y compris le moment auquel il devrait faire effet. Par exemple, si les symptômes durent au-delà d’une semaine, le traitement n’a pas aidé et on y met fin.

Peu importe la stratégie de traitement adoptée, il importe de pouvoir discuter de vos choix avec un professionnel de la santé. Lorsqu’on discute des séquelles à envisager quand la maladie progresse et lorsqu’on y donne suite au moyen d’un plan d’action, l’anxiété et l’incertitude diminuent. Et prévoir une intervention contre de futurs symptômes—même si l’on ne peut rien contre leur cause—apporte au moins un plus grand confort à l’être cher.