Les émotions et la spiritualité
Comment garder espoir en voyant se détériorer l’état de notre père?

Si l’état de votre père se dégrade, il sera sans doute de plus en plus difficile de garder l’espoir qui vous animait tous quand la maladie s’est d’abord manifestée. Il vous paraîtra probablement impossible de rester positifs si les symptômes de votre père persistent ou s’il en apparaît de nouveaux, si les traitements ne produisent pas les effets escomptés ou s’il est impossible d’assurer son bien-être physique. Vous aurez plutôt l’impression que la situation vous échappe et qu’il n’y a plus d’espoir, et vous serez triste à l’idée de perdre votre père.

Les membres de la famille ont souvent du mal à discuter de ces émotions difficiles. Chacun a l’impression de devoir rester optimiste et continuer la lutte. Vous craindrez de miner l’espoir des autres ou d’avoir l’air de baisser les bras si vous exprimez votre découragement, votre anxiété à l’égard de l’avenir, vos doutes à l’égard de nouveaux traitements ou l’idée des soins palliatifs.

Les membres de la famille n’ont pas nécessairement les mêmes sentiments ou les mêmes inquiétudes. Il se peut que votre père et d’autres parents souhaitent aborder directement l’évolution de la maladie tandis que d’autres ne sont pas prêts. Ceux qui sont prêts doivent trouver le moyen de le faire tout en respectant les réticences des autres. Si vous croyez que votre famille a besoin d’aide à cet égard, parlez-en à l’équipe de soins de santé de votre père. Nous vous suggérons aussi cet article du Portail canadien en soins palliatifs :

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L’espoir varie en fonction de l’évolution de la maladie. Au début, on croit à la guérison. C’est la manifestation naturelle de la volonté profonde de voir le malade recouvrer la santé. Quand la maladie progresse, comme elle semble le faire dans le cas de votre père, l’espoir change d’objet. Il vise plus le présent que l’avenir. Vous espérez désormais tirer le meilleur parti du temps qu’il vous reste et vous évoquez les souvenirs et l’amour partagés pendant toute votre vie. Ensuite, votre espoir sera sans doute que votre père obtienne les meilleurs soins possibles à mesure qu’il s’affaiblit et que vous puissiez trouver de nouvelles façons de lui manifester votre amour et de profiter du sien à l’approche de la mort. 

Vous ne devez pas cesser d’espérer, mais il faut rester réaliste, adaptable et ouvert aux autres. Voyez chaque jour comme un bouquet de possibilités. Considérez chaque interaction entre vous, votre père et les autres membres de la famille comme une occasion de vous soutenir et de vous renforcer les uns les autres. Les espoirs ébranlés peuvent se régénérer si vous inventez des moyens d’exprimer chaque jour votre amour de la vie et des autres.

Il n’y a pas qu’une bonne façon d’entretenir l’espoir. Tout dépend de votre personnalité, du sens que vous donnez à la vie, de la force des liens que vous entretenez avec votre famille, vos amis et tout cercle plus vaste. Voici quelques moyens qui pourraient vous aider à entretenir l’espoir pendant la maladie de votre père :

  • Trouvez comment vous entraider à mesure que la maladie de votre père bouleverse la vie de votre famille.
  • Fixez des objectifs modifiables, à court terme, et dressez des plans réalistes qui vous permettent de les atteindre.
  • Discutez avec votre père de ses inquiétudes et travaillez avec son équipe soignante pour arriver à les dissiper.
  • Ravivez ensemble les souvenirs et racontez ces bons moments que vous avez eus au fil des ans.
  • Faites appel à votre sens de l’humour, surtout quand vient le temps d’aider physiquement votre père ou de lui prodiguer des soins.
  • Trouvez dans votre vie spirituelle ou vos liens avec un groupe confessionnel des sources de réconfort, une force intérieure et un sens à tous ces événements.

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